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Sâhid Jahân - Correspondances

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MessageSujet: Sâhid Jahân - Correspondances Dim 29 Avr - 3:20
L'Oasis de Dembär - Avoisinant la frontière extérieure de Salrivage - Cinq ans après l'Alliance

Après avoir quitté la Fournaise et la forteresse d’Ajuntaal, j’avais posé pied sur la côte inhospitalière située peu après les frontières de Salrivage, non loin d’un petit oasis qui servait d’escale aux caravanes qui faisaient le voyage entre l’arrière-pays Khazar et la capitale.

Je n’avais avec moi qu’un bagage de quelques tenues, de l’or et une poignée de richesse emportée de la Forteresse et une variété de tenues khazares féminines. Et j’avais sur mon épaule une bête un peu encombrante et particulièrement notable : un robuste oiseau exotique venu des forêts poussant sur le sol volcanique de la Fournaise, ce vieux messager dont j’avais hérité de Sharwa.

Qui plus est, je me retrouvais là en pleine nuit.

Certains m’auraient imaginée abandonnée, ou désœuvrée, à me retrouver là. C’était pourtant exactement ce que j’avais demandé à ceux qui m’avaient transporté par la mer.

D’un mouvement d’épaule, je poussai l’oiseau au plumage entre le violet, le mauve, le pourpre et l’écarlate à prendre son envol. D’un mouvement d’aile lent, le volatile prit les airs, se détachant contre le ciel éclairé par la lune pleine. L’instinct le guiderait vers l’eau, la nourriture, l’oasis. Il ne me suffirait que de le suivre.

Je marchai vers l’oasis. La nuit rendait le pan de désert moins suffoquant, et me permettait d’avancer plus rapidement en économisant mes réserves d’eau plus que raisonnables (à porter des bijoux et quelques mixtures dérobées à la forteresse d’Ajuntaal, qui serviraient à payer mon voyage et de l’eau, le choix avait été vite fait pour peu qu’il eut pu être rationalisé : ma crainte des risques s’émoussait d’année en année). Le périple semblait périlleux, mais il avait été plus mûri qu’il ne semblait.

J’aboutis près de l’oasis, un petit point d’eau presque asséché autour duquel se pressaient quelques bêtes et une poignée de tentes. Un feu brillait, second point reflété par les eaux rares après la pâle lune.

L’oasis était celui de Dembär. « La frontière », en dialecte khazar. Le dernier point au fil d’une côte inhospitalière, ou le soleil ardent rivalisait avec le sable, les créatures et le mirage des eaux salées avoisinantes pour occire ceux qui tentaient de le traverser. Tout le chemin, à flanc de côte ou de montagne, mènerait en bout de compte à la rutilante capitale, Samarach.

J’arrivai au camp de l’oasis avec l’aurore. On m’accueillit avec une touche de stupeur, de suspicion, d’étonnement et de curiosité : plusieurs estimaient que les créatures mystiques et djinns se présentaient au moment où le jour et la nuit changeaient de garde, à l’aube et au crépuscule.

Au petit jour, je rencontrai les occupants du camp. D’abord, un homme jeune, plus que je ne l’étais même du haut de mes vingt-quatre ans, qui me parla avec une candeur enthousiaste et me présenta la petite assemblée comme une caravane ralliée sous son nom, Rashid Ibn Rashid : Rashid, le fils de Rashid. À ses côtés, jetant des regards brûlants, se trouvait une jeune femme à la chevelure brune et folâtre, au visage harmonieux mais pincé, enceinte jusqu’aux yeux. De toute évidence, il s’agissait là de la femme du jeune homme, amoureuse transie ainsi que seuls ceux qui sont nés de peu peuvent l’être, jalouse au-delà du raisonnable comme le prouvait son initiative de ne pas lâcher son époux d’une semelle, même en son état. Non loin du feu, drapée d’une couverture miteuse, il y avait une adolescente murée dans un certain mutisme : de toute évidence, c’était une paysanne qui avait été battue, sans doute car sa famille ou son époux l’accusait d’avoir jeté sur eux déshonneur et pour sauver sa couenne, elle avait fui. Sans doute, dans la capitale khazare, elle espérait bâtir une nouvelle vie et laisser son passé derrière. Peut-être même capturer l’œil d’un homme puissant qui rendrait sa vie agréable. Elle ne parlait pas, mais ses plaies, son état, sa tenue, firent l’explication pour elle.

Une vieille femme trottina ensuite de derrière une tente. Son visage était parcheminé, ses membres, noueux. Elle portait un panier rempli de choses et d’autres, affairée déjà si tôt. Ibn Rashid la présenta comme étant sa grand-mère. De ce que j’observai, c’était là le membre le plus compétent de la petite équipée.

J’entamai la conversation. Rashid Ibn Rashid parlait pour quatre, laissant peu de temps de parole à l’ancienne, la fugitive ou son épouse, toutes trois à priori peu enclines à parler pour leurs raisons respectives. Ibn Rashid évoqua avec passion son idée, comme s’il était le premier à la couver, de créer une caravane entre Salrivage et Samarach, avec des comptoirs à chaque bout, faisant circuler fruits exotiques, perles et épices venues de la seigneurie du sud vers la capitale khazare, et ramenant vers l’arrière-pays d’autres richesses venues du nord. Son épouse et son aieule l’aideraient dans cette entreprise. Quant à la petite, ils l’avaient récupéré par pitié, une chose brisée qui ne parlait guère et qu’on surveillait du coin de l’œil, au cas. Leur accord était tacite : la traversée était pénible, et le nombre était nécessaire à sa réussite.

Or, l’idée d’Ibn Rashid n’était guère originale. Nombreux étaient les marchands qui empruntaient cette voie. Et nombreux étaient les brigands à convoiter les biens qui y circulaient. Les moins expérimentés et préparés qui s’y risquaient, comme Ibn Rashid et sa bande étaient des proies faciles : il suffisait de se pencher pour ramasser ce qu’ils pouvaient bien avoir à revendre.

On me regardait avec fascination, mais j’interrogeais et j’écoutais plus que je ne parlais moi-même. Je demandai, ingénuement, alors qu’on m’expliquait la difficulté du chemin, apprise en d’autres bouches, si leur petite équipée avait quelque solution à ce problème évident. On me dit qu’il était monnaie courante d’embaucher des mercenaires pour protéger les caravanes. Or, la caravane de Ibn Rashid était constituée d’une famille paysanne, des va-nu-pieds de Salrivage qui n’avaient pas grand-chose, si ce n’est que quelques ressources pour démarrer leur entreprise et une ambition inconsidérée, et une gamine mal lavée à qui le sort n’avait jamais souri. C’est ce qui rendait les choses intéressantes. À brule pourpoint, je demandai, s’ils en avaient le moyen, le nom de compagnies qu’ils embaucheraient. Le nom du clan Jahân roula en bouche plus d’une fois, suivi d’un petit rire gêné : ils étaient pour les marchands établis et opulents, jamais ils ne s’abaisseraient à faire la route depuis l’arrière-pays avec des gueux comme eux. Qui plus est, vu leurs finances bien maigres, la famille d’Ibn Rashid ne pourrait jamais s’offrir leurs services avant bien longtemps.

Sans plus attendre, je pris un parchemin de ma besace et commençai à composer un pli, armée d’un encrier paré de quelques dorures, et d’une plume pourpre, arrachée (vous l’aurez deviné) de l’arrière train de mon compagnon volatile (ce pour quoi il m’en avait bien voulu quelques semaines en son temps). Je posai aussi négligemment une bourse assez replète pour allumer un peu le regard de la catatonique gamine. J’expliquai obligeamment que je solliciterais, et paierais pour le service.

Écrivant, je n’avais lésiné sur rien, incorporant des formules de politesses khazares dont on m’avait, en mon séjour à la forteresse de la Fournaise, appris les déclinaisons et le secret.


Citation :
Estimés émissaires du clan Jahân,

Que la paix soit sur vous, votre famille et vos serviteurs,

Nous aimerions solliciter vos services pour une escorte, de l’oasis de Dembär jusqu’à la Capitale ou vous avez votre siège. Votre aide serait grandement appréciée pour que nous puissions atteindre la Cité Radieuse saufs, de corps et d’esprit. Bien entendu, nous nous acquitterons de notre dû à demi au jour du départ à vos côtés, et à demi au jour de notre arrivée à destination, ainsi que le veut l’usage.

En priant pour que cette lettre vous parvienne.

Mirage.

Avant de cacheter le pli, je fis tomber une goutte d’eau de rose, le parfumant légèrement, et insérai un écu d’or dans le pli soigneusement refermé, une promesse du paiement à venir, ainsi que le voulait l’usage chez les plus formels. Je scellai la lettre d’un peu de cire blanche, usant d’un sceau sans marque, bénéficiant de cet anonymat et de ce mystère qui, plus souvent, captivait plus qu’il inquiétait.. Surtout quand il s’agissait d’une lettre embaumant un parfum délicat, à l’écriture travaillée tant sur la forme que le fond. Peut-être son destinataire devinerait entre les lignes quelqu’un d’important, et c’était ce que j’espérais. Je le confiai à l’oiseau exotique, l’espérant assez bien dressé pour atteindre sa destination, d’un point d’eau à l’autre, jusqu’à la capitale. Si le voyage d’aller m’inquiétait un peu, pour le retour je savais qu’il me reviendrait. Mais en certaines circonstances, comme celle-ci, le risque épiçait la suite du récit qu'était l'existence.

Devant l’assemblée pantoise, je m’étais présentée de la sorte : Mirage. C’était pour ainsi dire ce que j’étais, pour eux. Avec ma tenue de soie ourlée de dentelle, révélatrice sans être indécente, mon foulard de tulle délicate, ma chevelure coiffée d’un peigne d’ivoire, les quelques bijoux dorés qui ornaient mon derme, c’est de ce dont je pouvais avoir l’air, car dans cet oasis du bout du monde, je ne pouvais pas avoir l’air plus hors de mon élément. J’hésitai un moment avant de sourire, puis de laisser tomber le tout comme un aveu. Je dis que j’étais une qarīn. Cet esprit bienveillant de la mythologie khazar qui veillait sur certains, et dont certains se méfiaient pourtant, à l’égal d’un djinn.

Ibn Rashid me baisa les deux mains, sous le regard à la fois embrasé de fureur et de crainte de son épouse. Dans l’œil de la vieille dame et de la cadette, une autre flamme brillait, celle de la curiosité.

Ils me servirent leurs mets les plus fins pour le déjeuner. Du miel et des fruits frais, des dattes séchées et du yaourt, des pains de farine de cassava et de caroube, ainsi que du thé parfumé à la cardamome. Une pitance pour d’autres, mais vu les circonstances je savourai chaque bouchée. Je leur demandai pour tout tribut des histoires, les leurs ou celles des autres. Ils ne le savaient guère, mais ces récits et ces ragots, ces légendes et ces médisances, étaient le fruit de mes marchandages autant que pour eux l’or et les perles, les fruits et les épices.

Si j’étais pour eux Mirage, ils attendaient un miracle. Il prendrait la forme des cavaliers du clan Jahân s’ils daignaient venir. Du reste, pour moi, j’avais ce que j’espérais : peu importe ce qui advenait, le voyage serait intéressant. Cela valait bien la dépense d’un peu de l’or d’autrui.
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Mirage.


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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Dim 29 Avr - 8:11
La lettre arriva comme prévu au centre de la province, l'endroit idéal pour qu'elle tombe entre les mains d'un groupe de brigand, heureusement, un jeune homme à la peau foncée tomba sur la fameuse missive. Il ne semblait pas démuni, au contraire, pour un gamin de son âge, il semblait mieux vivre que la plupart des travailleurs Khazars.Il ne prit pas à peine quelques secondes pour ouvrir la lettre et voir la cible de l'envoi. Il prit la route vers l'une des maisons Jahân, là où il avait l'habitude de se rendre quand il était question de trouver Sahid.


Évidemment la porte n'était pas démunie de gardes, 2 hommes se trouvaient à la porte d'entrée, empêchant l'accès au garçon. Il ne put s’empêcher de tenter de se faufiler entre les deux hommes, un simple ridaux couvrait la porte, laissant entrevoir l'intérieur de la demeure. Le jeune homme trouva le moyen de se faufiler à l'intérieur, surprenant Sahid, allonger dans un lit, muni de deux femmes a la peau foncée, complètement dévêtue, laissant l'homme tors nu. Le jeune homme, s'arrêta d'un coup sec, figeant le regard sur les deux femmes nues au lit, pour finalement se faire empoigner par les deux hommes de la porte d'entrée. Sahid renvoya les deux hommes d'un signe de la main laissant le jeune garçon, accomplir son devoir, qui était dès le départ de remettre la missive.


- Tenez, mon maitre, je ne voulais pas vous déranger pendant vos heures de détente, accompagné de ces deux vars..., Je voulais dire, ces deux dames.

Sahid : Ne t'inquiète pas mon garçon, assis toi. Offrez-lui à boire mes dames et couvrez-vous, je ne voudrais pas influencer ce jeune garçon, pour le reste de ces jours! Allez montre moi ça, Kaïs.

Il agrippa la missive, ouvrant l'enveloppe pour en lire le contenu puis il replia la lettre, la glissant dans l’intérieur d'une bourse en cuir, tout près du lit.

Sahid : Aller mon garçon, termine ton breuvage, je vais t'offrir un peu d'or, tu as bien compris la leçon, lorsqu'une lettre arrive et que notre nom est écrit  sur celui-ci, elle ne doit aller nulle part ailleurs qu'ici, tu as faits du bon travail. Allez escortez-le hors de la demeure, envoi moi mes frères mon garçon, nous avons un travail.


Le groupe prit la direction de l'oasis en question, monté a cheval, arborant fièrement les couleurs de leurs ancêtres, celle de leur famille. Il se rendit à pas de course laissant un nuage de sable derrière eurent, visiblement l'envie de s'y rendre était présente, s'y rendait-il pour les bonnes raisons?

Le groupe portait leurs armes à leurs ceintures les laissant bien visible. Chacun d'eux portait un voile, couvrant leurs visages, ce terminant sous leurs yeux, ne laissant pas un inconnu savoir lequel des frères qu'il s'agissait.

Encore aucune lettre n'était retourné, ni même l'oiseau exotique...

Environ une journée et demie plus tard, le campement de l'oasis devait sans doute entendre l'arrivée de l'escorte. Ils s’arrêtèrent avant d'être à l’intérieur du semblant de camp que ces gens avaient construit, ils étudièrent le lieu, avant de s'en approcher, ainsi ils pourraient peut-être réussir à percevoir s'il était question d'un piège ou d'une réelle escorte.

Ils ne finirent pas se rejoindra au camp, demandant à voir la voyageuse, qui était l'expéditrice  en question. C'est seulement lorsqu'on ne l'emporta que les 6 guerriers à cheval commencèrent à s’agiter pour créer un scénario de chaos, entourant alors la femme et ses hôtes, ce faisant davantage menaçant.

- Où est le contenu de l'escorte, nous le rapporterons à Samarach, personne ne fera de transport de marchandises, sans l'autorisation du prince, il est question ici de marchandage illégal et aucune taxe ne vous a été impose à l'importation! Ceci pourrait chambouler notre économie, certains crèvent de faim par chez nous, nous prendrons l'or et la cargaison, comptez-vous chanceux, vos vies seront saines et sauve, nous ne sommes pas des brigands, nous protégeons la santé de la capitale!

L'un d'eux fit signe au reste du groupe de descendre des montures pour commencer l'échange forcé.
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Sâhid jahân


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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Dim 29 Avr - 18:15
L’attente avait permis l’échange. L’échange avait permis le rapprochement. Voyant peu à peu la qarīn que j’étais d’un meilleur œil, puisque décidément son candide mari éveillait plus en moi la pitié que le désir, la femme s’était peu à peu ouverte. Elle avait conté chaque soir ses grandes aspirations : que de voir les splendeurs de Samarach, contempler ses richesses et peut-être, à son tour, s’y établir, devenir maitresse de l’une de ces antédiluviennes maison de glaise et de briques sises à flanc d’oasis. La vieille dame, elle, se plaisait à narrer les joies et mélancolies de sa jeunesse. Sa voix, autrement chevrottante, devenait sûre sitôt qu’elle chantait, s’élevant vers le ciel avec grâce pour relater des histoires d’amants perdus et retrouvés, dans des jardins enclavés ou dans des hammams ou l’odeur d’huile d’argan régnait en maitresse. Elle avait raconté par le chant sa vie de jeunesse à Samarach, dans les enceintes ocres du grand oasis, avec une nostalgie évidente. Elle aussi, il semblait, avait été aventurière en son temps, voyant au-delà des murailles un avenir rieur avec un homme de peu qui l’avait séduite. Comme il était loin, ce temps, à présent! Seule l’adolescente restait réservée.

J’indiquai à Ibn Rashid d’enterrer une part de sa cargaison, de certains éléments non-périssables qui y survivraient bien, une leçon autrefois bien acquise lors des premières entreprises de la famille Cahorsin, que mon père ne se lassait pas autrefois de narrer en boucle. Confus, il enterra une caisse remplie de tissus, d’un petit sac de perles et de pots d’épices séchées, à l’écart de l’oasis frontalier. Nous imitâmes les remous du sable pour la recouvrir, afin que son emplacement ne fut point visible d’un coup d’œil. Sa moue persistante me signifiait son scepticisme. D'autant que moi, je n'avais rien enterré : la vie avait un peu plus de saveur lorsqu'on prenait quelques risques.

Lorsque les cavaliers arrivèrent en trombe dans un nuage de poussière, et posèrent soudain leur demande qui éteignit la flamme de l’espoir inconsidéré en ses yeux, il comprit enfin.

Résigné, le chef de la Caravanne Ibn Rashid s’en alla vers le lot d’effets, prêts à les délivrer. Les bannières du clan Jahân étouffaient tout à fait son espoir de poursuivre son voyage, voilà qu’un vilain djinn s’était pris de détourner sa prière et de la retourner contre lui. Les deux femmes qui l’accompagnaient le regardaient faire avec colère, dépit et consternation. Mais elles se taisaient, estimant pour chacune leurs raisons qu’il était plus sage de faire ainsi, ou qu’il valait sans doute mieux se taire. L’adolescente, la plus maline du lot sans doute dans de telles circonstances, comme un animal mordu qui sait que prédateur n’est guère loin, ne pouvait être repérée nulle part : elle s’était évidemment cachée et je ne cherchai pas à la repérer.

De mon côté j’accueillis cette rencontre avec un petit frisson. De peur, oui, mais aussi d’excitation. Je craignais que le voyage ne devienne morose, au moins commençait-il sur une note forte.

Au contraire de mes camarades, je pris la parole. Je me détachai du lot, ce qui n’était point difficile : la tenue que je portais, en soi, me démarquait. Les soiries bleues rompent brutalement avec les ocres et les bruns du désert, que mes camarades plus humbles avaient adopté (ou qui avaient adopté mes camarades, les teintures étant un luxe que tous ne pouvaient se permettre). Parmi eux, ma présence semblait irréelle, et je comptais en jouer.


- Mes respects, hommes du clan Jahân. Paix soit sur vous, et sur les vôtres. Il est plaisir que vous citiez là le prince, car notre cargaison comporte cadeaux pour sa Majesté. Loin de nous l’idée de vous dicter l’essence de vos actions, seulement, il vous faut savoir qu’il peut, au profane, être difficile de trier le bon grain de l’ivraie. Moi qui ne suis point étrangère au luxe, j’aurais du mal  à différencier l’épice digne d’un bourgeois, de celle qui est digne d’un noble, et celle qui est digne d’un Roi. Or…

Je désignai d’un geste ample mes comparses.

- Eux, bien que peu lotis d’autre chose, compensent de par ce discernement précieux. Ce discernement qui, j’en suis certaine, à la cour du Prince d’Anfer, fait toute la différence entre les meilleures des grâces et le détachement d’un chef depuis les épaules ou il est sis. Cela bien sûr, si vous ne vous destiniez point à vous emparer de ce chargement, que le Prince en partie attends…? Mais, ce serait absurde! Vous êtes des hommes d’honneur, assurément, et votre service à sa cour est sans tache, jamais ne vous viendrait l’idée.

J’inspirai, et croquai un sourire. Je n’avais point d’autres armes sur moi, que ma palabre affutée et je comptais en user jusqu’au bout. Après avoir joué sur la loyauté, il me fallait jouer sur l’intérêt. Puis, finalement peut-être, finir sur une note touchant l’émotion et la morale. Certains nommaient leurs armes. Les miennes, de façon bien pratique, avaient déjà leurs noms.

- Par ailleurs, sans doute connaissez vous bien la fable familière, de celui qui trouve vache égarée dans le désert. Celui qui dans sa faim succombe, et se décide à cuire un peu de la chair de la vache pour se sustenter ce soir-là, laisse le reste aux vautours et n’a pour bénéfice qu’un repas. Or, celui qui de grand cœur ramène la vache à sa demeure, s’assure alors d’avoir du lait pour dix ans, et n’en tire que bénéfice plus grand. À n’en point douter, la résurgence d’une nouvelle route marchande, avec l’aval de sa Majesté bien sûr, ne saurait qu’en bénéficier à la compagnie Jahân qui tirerait part de bénéfices.

- C’est aussi dire, bien sûr, main sur le cœur, que la faim des rues de Samarach demeure préoccupation pour ces gens que tu vois-là. Avant de passer les portes la menant à l’autre monde, l’aïeule que tu vois là espérais rendre à sa ville natale. Elle espérait pouvoir établir une route, pour mener jusqu’à la ville ces fruits exotiques qui poussent si bien de par-ici. Faire gouter aux gens de sa cité natale la même manne qui avait justifié vie plus frugale, et dont ils bénéficieraient par une nouvelle route commerciale entre l’arrière-pays et leur grandiose capitale. En échange, cette aïeule ne demande que de faire pèlerinage jusqu’aux enceintes qui l’ont vu naitre. Car, tu sais que qui prend mari prend pays : mais son cœur ne l’a jamais quitté et, à la vérité, c’est là qu’elle veut périr et être enterrée. C’est cette vie douce à Samarach, qu’elle a narré à son fils et sa fille, qui n’aspirent  à guère mieux que de contempler, et nourrir la grandeur de la cité. Et y faire naître, si les dieux le veulent, ceux qui leur succéderont.


Elle avait beaucoup parlé, d’un trait, mesurant ses mots, marquant les pauses adéquates mais brèves entre chaque récit pour les laisser s’insinuer doucement dans les esprits. Cette fois, elle laissa le silence étendre son emprise. Il reviendrait aux cavaliers de répliquer.
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Mirage.


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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Lun 30 Avr - 2:51
Chacun des hommes s'interrompit suite  a la demande de l'homme toujours a cheval. Il avait levé la main en l'air en signe d'arrêt, permettant à son interlocutrice de défendre ce point et se peut être convaincre leur chef.

Comme elle l'avait prévu, l'apparence de la femme, lui permit d'attirer l'attention des hommes, sans toutefois qu'elle ai la chance de voir leurs visages. Quant à celui en retrait, il s'accota sur la tête de son cheval sans y descendre, concentré sur le regard et la bouche de la femme devant eux. Il ne cherchait même pas à voir ces alentour, ni même à défendre ces arrières, le temps s'était arrêté dans ce court instant. Tous les hommes étaient figés, qu'une femme telle qu'elle, interrompre leurs perquisitions, était ce mauvais signe?

Elle qui aimait les jeux de risques, devait sentir l'effet de pression sur elle, un inconnu de tous, ce permettant de juger l'action de ces hommes aux histoires aussi nombreuses que périlleuses. Son accoutrement et ça silhouette lui avait permis de sortir du lot, mais surtout la façon dont elle pouvait parlementer mais aussi de se faire écouter et de parvenir à convaincre ce groupe ambitieux. Après tout, elle avait eu l'intelligence de prononcer les honneurs ainsi que de porter respect à ces hommes, elle avait fait appel a eux, sachant la réputation qu'ils avaient. Ils étaient peut-être tenté de faire à leurs tête et de tout prendre, sans rien laisser, mais qu'en était-il du prince? Il serait sans doute beaucoup plus intelligent pour eux d'escorter cette cargaison jusqu'aux murailles et ainsi ce prouver une nouvelle fois se prouver à la maison d'Anfer.

Elle l'avait mentionné, un cadeau pour les dirigeants de la province était dissimulé dans le transport, ils ne pourraient pas passer à côté de cette opportunité.

L'homme restant à cheval fit signe à ces frères de prêter l'un de leurs chevaux à la femme, puis de se préparer pour le retour.  

Homme a cheval - Vous, vous nous suivrez à pied, nous traînerons la cargaison. Nous acceptons de vous escorter à la ville, , mais  gardez votre Or, nous n'en voulons pas, vous en aurez besoin davantage une fois à l'intérieur des murs.  Ma famille couvera votre protection pendant la route ainsi que celle de l'oasis, pour un temps déterminer, en fonction des revenus que le futur apportera, nous verrons ensuite pour conclure une entente fixe avec vos hôtes pour s'assurer la sécurité de la marchandise. Nous enverrons une escorte a chaque 5 lunes. Ainsi, chaque semaine, la province pourra profiter des produits frais de la semaine. Tant que vous pourrez fournir nous continuerons ce transport.  Pour ce qui est de vous, une fois a la ville vous resterez parmi nous, vous aurez une chambre privée ainsi qu'à boire et à manger et de quoi vous laver, ensuite nous discuterons, vous avez su captez ma curiosité.

-  Khabil, donne un peu d'or à ces hommes et femmes qui l'ont hébergé, pour couvrir les dépenses ainsi que le surplus de frais de la capitale.

Dit-il vers l'un des hommes à pied, il faisait sans doute tout cela, pour montrer à quel point l'or n'était pas l'un de leurs soucis et pour cacher l'impolitesse qu'ils peuvent avoir fait preuve à leur arrivée, après tout, il ne fallait quand même pas qu'il trahisse la réputation qu'elle fut mention, pour un simple transport. Cette interlocutrice était peut être une femme importante et de haute noblesse. Quoi qu'il en soit, elle avait le charme pour trompé l'oeil de ces mercenaires pour obtenir ce qu'elle voulait.

 La femme avait quand même touché leurs orgueils, il n'avait pas reparlé de la façon dont ils s'étaient fait interrompre, lors de leur brigandage civilisé et légal, sans doute qu'aucun d'entre eux voudrait avoir l'air de ce faire ordonner par une femme. Il était question de l'honneur de la famille comme de gens nobles et dévoués, pas un simple groupe de brigand de bord de route.

Elle avait quand même raison sur un point, allait t'ils privé la famille d'Anfer de ce  présent et de contourner leurs honneurs pour une mince cargaison?
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Sâhid jahân


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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Lun 30 Avr - 3:56
Pour cet instant, ou le temps semblait s’être suspendu, le frisson ne semblait qu’être plus grand. La décision du cavalier, en suspens, changerait la donne, et s’abattrait comme un couperet, façonnerait toute la nature de ce voyage.

Je profitai pour étudier l’homme qui la prononcerait, et qui semblait le chef des Jahân. Les faiseurs de destins m’avaient toujours intriguée.

Lorsque le cavalier se prononça, tous semblèrent respirer, tant parmi les membres de la caravane que parmi ses propres serviteurs.

Ibn Rashid, lui aussi vexé d’une façon dans sa masculinité, ouvrit la bouche puis la referma. Il mesurait sa bonne fortune, et les portes que le verdict rendu lui ouvrait.


-Honorables cavaliers, votre décision vous honore et nous vous en sommes reconnaissants. Nous respecterons cet engagement, et Ibn Rashid saura convenir des modalités concernant les prochaines caravanes, sur lesquelles vous tirerez aussi profit. Une fois que nous arriverons aux enceintes de la Capitale, nous vous confierons le présent que vous pourrez remettre au Prince d’Anfer en personne. Au vu de votre générosité, il va de soi que le crédit pour ce présent vous revienne. Entretemps, vous et vos hommes aimeriez peut-être vous restaurer avant que nous ne partions?


La proposition respectait les usages traditionnels d’hospitalité. Le retour de la générosité aussi, respectait de vieux codes. La vieille femme, pragmatique, puisait déjà de l’eau pour un thé, assistée par la femme enceinte aux mains un peu tremblantes.

Je l’invitai d’un geste vers le petit campement, qu’il faudrait de toute façon démonter avant de se mettre en route, comme il faudrait charger les sacs et caisses adéquatement. Le répit serait sans doute bienvenu pour les bêtes et les hommes qui avaient galopé sans relâche, et permettrait de confronter le désert adéquatement. Cela permettait aussi au soleil, presque à son zénith à ce moment, de s’abaisser un peu. Le cavalier pouvait refuser, et cela se faisait parfois lorsque quelqu’un s’estimait offensé ou si on flairait le piège. Mais en ce cas-ci, il semblait improbable qu’il dise non. Les hommes du clan, guetteurs expérimentés, n’avaient rien repéré d’hors de l’ordinaire, et avaient veillé à ce que nul ne se trouve embusqué. Il n’y avait du campement, il semblait, que ce qu’ils en voyaient, ce qui pouvait permettre la brève escale.

Le répit permis les présentations. Tour à tour, humbles et reconnaissants, les paysans se présentèrent. La vieillarde s’enquit avec curiosité de certaines choses de la capitale, que Jahân et les siens reconnaitraient sans doute : telle statue était-elle encore debout? L’eau claire de telle fontaine coulait-elle encore? Sa cadette écoutait avec des yeux rêveurs. Visiblement, les propos tenus plus tôt s’avéraient d’eux-mêmes. L’adolescente, qui avait fini par sortir de l’ombre, voyant le tollé passé, avait rejoint le groupe, mais elle s’affairait plutôt aux préparatifs, pliant la toile des tentes, secouant et roulant des tapis, remplissant des gourdes (plus que moins, vu ce qui les attendait) et triant les effets, comme l’aurait fait une servante. Un rôle peut-être idéal pour échapper au regard. Encore une fois, Ibn Rashid et les siens servirent certains de leurs meilleurs fruits frais, du yaourt aromatisé de cannelle, du thé aromatisé de cardamome, et en l’honneur des cavaliers ils sortirent même un curieux vin de prune, sucré et léger. Le service en disait parfois long, plus que les mots eux-mêmes. Le duo de femmes, jeune et âgées, manifestaient un certain empressement auprès du chef des cavaliers, car son statut l’imposait, mais également auprès de moi, puis elles veillaient aussi à ce que les cavaliers et Ibn Rashid ne manquent de rien afin de ménager les orgueils, mais aussi définir les statuts. Dans les codes, qui variaient pourtant d’une lande à l’autre, on pouvait découvrir beaucoup.

Quand vint mon tour, je me présentai avec sobriété sous le nom de Mirage, inclinant le chef ainsi que la majorité faisaient. La manière dont on me faisait le service indiquait une forme de statut ou un autre, sans que j’aie besoin d’en faire mention. J’ouvrais la porte aux questions, mais, ainsi qu’une hôte polie l’aurait fait, j’ouvris aussi la porte à autre chose. J’invitai le chef du clan Jahân à parler de lui et de ses pères, de leurs prouesses et de leurs aventures. Non seulement était-il courtois de laisser tout l’espace à l’invité pour briller, mais aussi peut-être y verrait-il un espoir de voir ses hauts-faits rapportés ailleurs, en quelque haut lieu. J’y gagnais toutefois aussi : comme d’une fleur buvait les rayons du soleil, je m’imprégnais de ces récits.
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Mirage.


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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Lun 30 Avr - 5:08
Le cavalier ne fut pas surpris de l'offre, il regarda un moment ces frères pour jauger leurs réactions ainsi, de pouvoir choisir la réponse. Évidemment qu'aucun d'eux ne refuserait de s'arrêter un peu pour boire et manger à l’abri du soleil, ainsi le chemin du retour pourrait être fait lorsque la chaleur sera moins ardente.

Cet alors que leur chef  décida finalement de descendre de sa monture, voyant l'offre plutôt raisonnable.  Il s'approcha avec sa troupe du campement, laissant les chevaux s’abreuver.

Une fois a l'abri du soleil, chacun d'eux dévoila leurs visages. On pouvait facilement voir que le groupe de l'oasis avait face à eux, le seul et unique clan Jahân, enfin, tous les frères en âge de combattre et de se déplacer aisément. Finalement le dernier dévoila son visage, il abaissa sa capuche puis son voile d'un tissu fin, son visage présenta une expression froide et peu familière, il perça chacun d'eux d'un regard verdâtres tirant sur le gris. Ceux l'accueillant pouvaient se rendre compte que l'arrêt ne lui était pas favorable, mais que contre son gré, il prit une pose, pour laisser ces hommes et les bêtes ce reposer.

- Je suis Sâhid Jahân, chef du clan Jahân originaire de la province de Samarach.  Comme vous l'avez sue, ma famille est très connu dans ces terres. Peu d'hommes s'approchent des territoires Khazars, ignorant notre famille. Nous sommes au service de la famille D'Anfer depuis plusieurs générations. Tous nos actes majeurs et importants sont songé et calculé pour favoriser la bonne réputation de Samarach et de sa prospérité.  


Il s’interrompra un moment, venant tremper ces lèvres dans les délicieux liquides aux prunes. Pour les plus observateurs, l’aîné du clan, avait pris le temps de sentir les breuvages, pour éviter toute tentative d'empoisonnement, en le remuant et reniflant son contenu. Pour certains on pouvait y voir un manque de classe, pour d'un professionnalisme exemplaire.

- Comme vous l'avez mentionné, nous profitons de notre expertise pour escorter des marchandises, des hommes ou des femmes plus ou moins importantes d'une frontière a une autre, nous ne sommes pas tous de la garde locale, pour la plupart du temps nous sommes à cheval, les hauts dirigeants préfèrent nous voir chevaucher leurs terres a la recherche d'intrus ou de cargaison volées, ou même a la poursuite de fugitif, pour ne pas gaspiller nos talents prioritaires à faire de la paperasse à la capitale. Chacun d'entre nous, pourrait s'asseoir à des hautes assemblées, mais ce serait comme donner un arc à un homme qui préfère manier l'épée, vous gaspiller son talent primaire.


Il profita pendant l'histoire d'un des frères qui dura environ une heure, pour prendre un moment pour détailler plus précisément la femme devant lui, étudiant son visage, les traits qui feraient en sorte qu'il arrive à la reconnaître, quoi qu'il arrive. Apparemment elle était devenu son hôte, dans un endroit qui était lui-même invitée à la base.


- Quoi qu'il en soit, nous repartirons après avoir mangé quelques vivres. Nous repartirons avant que le soleil ne tombe complètement, je ne prends jamais la route lorsque la nuit est tombée, si vous ne voulez pas être obligé de nous garder à coucher, nous ne devrions pas tarder, le retour sera long et terriblement chaud!  .


Il eut un mince sourire suite à son exclamation...

- Mise à part le faite que vous aidez ces gens a établir leurs routes commerciales, que faite vous par ici Mirage, vous avez un but précis? Il est un peu curieux de voir une femme de votre stature, s'arrêter dans un oasis tel que celui ci hors des grandes villes, pour aider des habitants locaux. A voir votre tenue vous n'êtes pas de celle qui crève de faim, et curieusement vous semblez seule a voyager...

Il vien affirmer le tout d'un regard malin, étudiant la réaction puis  commença à se revêtir lentement, en laissant la parole a ses hôtes.

- En y repensant combien vendez vous cette bouteille de vin, j'apprécie le goût, j'aimerais en apporter une pour mon retour.
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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Lun 30 Avr - 7:00
Concentrée et attentive, j’écoutai les récits des hommes du clan Jahân. Si son chef étudiait mes traits, ils étaient garants de cette attention non-feinte. Lorsqu’ils s’interrompaient, je posais parfois quelques questions, polie, sur des points qui alimentaient ma curiosité. Il aurait sans doute vu ma chevelure, teintée de quelques nuances de bronze sombre par le henné, un cosmétique courant, mes yeux d’ébène, cerclés de khol, mon corps souple et jeune encore pour être dans la fleur de l'âge. Je tentai de jouer des codes que m'avaient appris les concubines d'Ajuntaal, d'un charme posé et digne, sans ostentation, non point si loin de celui inculqué aux Dames de Centreterre mais par essence, un peu plus chaleureux de par la nature khazare des us.

Tous étaient resservis, jusqu’au moment où Sâhid donna le signal du départ. De bon cœur, il se fit céder une autre bouteille de cette liqueur de prune, avec la promesse d’en partager encore en autre occasion. Peut-être lorsqu’il se ferait, à son tour, mon hôte?

Je ne feignis pas non plus la surprise lorsqu’il annonça la durée du voyage : j’imaginais que le périple durerait plus d’une journée. On m’avait parlé d’un chemin long et tortueux, empli de périls et de merveilles. C’était sans doute omettre le talent de certains khazars pour l’extrapolation, peut-être. Au moins, il pourrait relever ma stupeur sans doute comme une surprise agréable, même si à la vérité j’étais un peu déçue que le voyage fut si court. Il me restait cependant l’espoir qu’un peu d’action épice notre périple, si bref fut-il.

Lorsqu’il émit le désir de se mettre en route, il n’aurait qu’à regarder les parages à ce moment pour remarquer que tous étaient fins prêts. Tous se mirent alors en route, de la façon convenue, les uns à cheval, les autres à pied. Avec une vieillarde à leur suite, ainsi qu’une femme enceinte jusqu’aux yeux, la procession était peut-être un peu lente.

Sans trop le déranger, pour ne point interrompre la vigilance requise pour accomplir son devoir, je tenter de me ranger près de lui en notre progression, pour l’interroger sur ce qui serait notre destination, le domaine des Jahân.


-Sâhid-Agha, sauriez-vous m’en dire davantage sur votre domaine, puisque c’est là que nous nous rendons?

Si le périple en lui-même était serein, ainsi qu’on pouvait l’attendre avec solide et expérimentée escorte, les surprises étaient souvent là où on ne les attendait pas.
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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Lun 30 Avr - 23:01
Chacun d'entre eux étaient remonté sur leurs chevaux tel que prévu mise a part celui qui devait ce sacrifier pour prêter a l’invitée. Le clan des hommes du désert, semblait d'avantage amusé par le fait d'escorter des gens que de prendre le thé, ils chantonnaient divers chansons de leurs peuples, un répliquant a l'autre par un nouveau chant. Leur chef, qui lui resta silencieux, ce contentait de rire et de sourire avec ces frères, comme si le chemin du retour était pour eux, symbole de travail accompli.  

La marche était plutôt lente, les chevaux avaient couru énormément pour arriver a l'oasis et le reste du groupe était a pied. Courir a une chaleur tel que celle du désert, était très éprouvant physiquement, personne n'avait envie de gaspiller de l'énergie, pour arriver quelques minutes plus rapidement a la ville.

Encore une fois, le cavalier fut surpris de voir a quel point la femme portait intérêt a un simple groupe de contractant , ils n'étaient pas reconnu pour être des compteurs d'histoires après tout.  Quoi qu'il en soit elle désirait en apprendre plus sur cette famille et leurs coutumes, elle en serait servi.

- Cachez vos visages d'un voile.

S'exclama l'un des premiers a l'avant de la formation, son role était d'être la vigie. Il semblerait que de la compagnie s'approchait face a eux. Un quatuor d'homme, lance a la main, tel un baton de marche.

En deuxième directement derrière la vigie, ce trouvait Sâhid, puis tout en arrière un des frères qui refermait le groupe.  Le chef haussa son voile, par dessus son nez, laissant parraitre leurs couleurs de capes et de tissu, arborant la tête haute les couleurs de leurs familles.


- Halte!

S'écria Sâhid, ordonnant alors a son clan de s'arrêter.

- Laissons les s'approcher, nous pourrons ensuite jauger de leurs intentions.

Il était difficile de voir devant eux, le soleil étant presque abaissé au complet. Les groupes d'hommes armés devant eux, continua de s'approcher lentement, au point ou ils puissent finalement s’identifier et voir leurs visages.  


Opposant - Nous sommes de la garde rapproché de la famille d'Anfer, que transportez vous et que faites vous sur les terres Khazar, au beau milieux de la nuit?

L'un des frères commença a s'approcher d'eux puis finalement le chef ce détacha du groupe, suivant ces frères faisant signe au reste du groupe, de rester en retrait, subtilement. Malgré les couleurs familières du clan Jahân, le groupe d'opposant semblait soit ignorer l'existence des cette famille ou bien de tenter d'éviter le sujet et de profiter de la noirceur pour faire leurs travails.

- Je crois qu'ils y a multiples erreurs sur la personne dans cet échange, nous ne sommes certainement pas les gens que vous croyez confrontez et je crois que nous n'avons pas affaire a la garde du prince, aucun d'eux ne prendrait le risque de sortir avec ces couleurs aux petites heures de la nuit, encore moins hors de la ville. J'ai l'impression que vous attendiez notre passage. Pour vous en informez, avant que vous ne preniez le risque, cette escorte routière est protéger par le clan Jahân et est donc déjà possession du Prince. Dès qu'il approuvera, le reste sera destiné a la revente en son établissement. Comme dirait, mon invitée ici présente, je ne crois pas que vous voudriez priver notre altesse des cette cargaisons? N'est ce pas?

D'un malin plaisir, il offrit la façon facile a ces hommes de continuer leurs routes, tout en glissant sa main vers une dague a ca botte de cuir, leurs laissant savoir qu'ils étaient prêt a n'en découdre, si tel étaient leurs désires. Quand aux reste des frères, chacun d'eux posa leurs mains sur leurs armes, suivant les gestuelles du dirigeant.

Leur opposant hésita dans un rictus avant de répondre...

- Rheu, vous nous devez respect, vos titres déléguer par vos ancêtres sont de simple héritage. C'est un avertissement!  Si vous dites que le tout est pour les hautes instances, continuez votre route et soyez prudents et rapportez cette cargaison rapidement!  Hiaaa!

Dans un coup de botte chacun d'eux, reprirent le galop s'éloignant de la province rapidement... Sans doute qu'ils furent surpris par la rapidité du clan a sauté aux conclusions, ils croyaient peut être aussi tomber sur un groupe de voyageur, avec un peu d'or et sans armes pour ce défendre.

Le chef du clan, laissant entendre un soupire de soulagement  lorsqu'ils furent éloigné. Dans une vie réelle, personne n'aimerait vraiment risquer ca vie, quand il pourrait contourner l'affrontement de façon sécuritaire.

- En route, continuons nous sommes a quelques milles, pour ce qui est du manoir Jahân vos questions auront réponses bien assez tôt, vous risquez d'apprécier nos bains d'eau clair et leurs jardins de vigne.

Dit t'il ne voulant sans doute pas plus étalez le sujet devant tous.




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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Mar 1 Mai - 2:57
Un pas après l’autre en leur petit trot sous le soleil ardent, je m’imbibais de ces histoires et informations avec une patience qui semblait inépuisable. Lorsque le guetteur de la troupe requis de remonter nos foulards, je ne traînai pas et élevai un pan du tissu bleu qui me drapait contre mon visage.

Le soleil était abaissé, ainsi je plissai les yeux pour discerner le plus possible de son nouveau quatuor d’interlocuteurs. Je laissai cependant la parole au chef de troupe, elle lui revenait, de toute évidence, et il était certain qu’il se dépêtrerait mieux qu’Ibn Rashid ne l’avait fait. Une touche de curiosité m’animait.

Lorsqu’il reprit mon argument précédent, le foulard masqua un demi-sourire. Je me doutais bien qu’il se passait en terres Khazares bien des choses au nom du Prince, dont le principal intéressé ignorait de loin l’existence. Mais ce n’était pas ça qui me faisait sourire. C’était presque une touche de fierté teintée d’amusement. La répartie était une arme, certes, mais en soi elle différait des armes physiques, épées, masses et autres objets, de par son aspect protéiforme. Retransmettre une idée, pourvoir la même à quelqu’un n’en privait pas celui qui la cédait. Et bien que je me doutais que le mercenaire qui en usait savait se défendre bien autrement, c’était un plaisir d’une façon de savoir que j’avais pu contribuer à l’armer.

Lorsque les importuns se furent éloignés, et que le chef du clan relâchait son souffle, je le complimentai.


-C’était bien parlé, Sâhid-Agha. Et, nous vous emboitons le pas.

C’était vrai. Arrivés aux frontières, les marchands Ibn Rashid seraient empressés de conclure les modalités de cette association promise, et sur garantie ils céderaient, comme promis, épices, perles, quelques bouteilles de fruits confits et de vins de prune, à destination de sa Majesté. S’il reviendrait au clan Jâhan de s’arranger pour les lui transmettre, on ne trouverait sans doute rien à redire sur la qualité à la cour : la petite famille inexpérimentée qu’ils avaient recueillie était candide et de ce fait, ils avaient tenu parole avec la franchise, la générosité et la candeur propre aux plus honnêtes et aux plus inexpérimentés. Quelque chose interrompit cependant le processus alors qu’il tirait à sa fin : la femme d’Ibn Rashid se plia. Enceinte jusqu’aux yeux, il était difficile de douter de la nature de son mal, surtout après une journée si chargée en effort et en émotion.

La journée demeurait riche en rebondissements, et pour moi c’était parfait. Il ne resterait plus qu’à voir comment le mercenaire et les siens réagiraient. Je manifestai la sollicitude de mise, mais il ne me revenait pas de me salir les mains. Quoi qu’il fasse, je le suivrais comme je m’étais engagée. Quant à savoir si la destination serait si reluisante qu’il la présentait, c’était un nouveau dé que je me permettais de lancer.
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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Mar 1 Mai - 4:20
Une fois entrés dans les murs de la province, les membres du clan dévoilèrent grandement leurs visages, sans quoi, il n'était pas évident pour les autres nobles d’identifier lequel des frères s'agissait-il. L'échange était conclu, une entente fut signée sur papier, pour officialiser le tout. Le clan Jahân, organiserait les transports entre l'oasis et Samarach, une fois par semaine. Sa promesse fut tenue jusqu’à la fin et le convoi était revenu sain et sauve.

La part du Prince fut remise à l'un des responsables de l'alimentation, avec une copie du contract signé un peu plus tôt. La copie servirait à démontrer au prince dans quel terme les Jahân s'étaient engagés pour favoriser les échanges commerciaux pour leurs citoyens.

Pour conclure leur périple qui était jusqu’à maintenant sans embauche, la femme d'Ibn Rashid semblait être sur le point d'accoucher, ronde comme elle était. Le chef du clan s'empressa de faire signe à la servante la plus près d'eux lui indiquant l'état de la femme et qu'elle devait s'assurer que l'enfant vienne au monde et qu'il retrouve sa mère. Elle aurait surement un traitement de choix, sachant que cette demande provenait de l'héritier du clan.

Il n'allait quand même pas à son tour, se salir les mains dans le sang de cette villageoise. Il avait tout de même pris soin de venir s'accroupir près d'elle le temps qu'une servante s'approche pour les aider.

Lorsque le tout fut réglé, c'est ainsi que chacun des frères commenca lentement a se disperser s'offrant tour à tour, une poignée de main. Sâhid invita celle qui prétendait se nommer Mirage d'un signe de la main, en trainant son cheval de l'autre.  Ils marchèrent un très long moment vers un côté plus humide et fertile de la province, laissant son cheval à l'un des serviteurs du manoir.

Elle avait devant elle un endroit, fait de pierre et de marbre, toutefois, sans exagération. C'était une belle demeure pour y loger quelques personnes, le tout étant plus présenté sous la forme d'une villa, chacun des frères habitait un coin de ce lieu, à la fois paisible et luxueux.

Comme il l'avait prévenu d'un côté il y avait un grand bain d'eau claire, ruisselant d'une source d'eau, suivi d'un jardin de vigne, entretenu par un vieil homme, pour s'assurer que les plans ne sèchent pas au soleil.D'un autre côté tout en marchant, il lui présenta ça chambre et la chambre d'invitée, qui semblait tout aussi grande.


- Comme je vous ai prévenu, je serai votre hôte pour quelques jours, j'aimerais en savoir davantage sur votre provenance et votre existence. Il est rare de rencontrer des femmes aussi majestueuse et déterminée, dans les landes des terres Khazars. Vous pourrez occuper cette chambre, je vous y ai déposé quelques vêtements où j'ai faits faire en votre honneur, mes aînés pourraient être choqués de voir une femme aussi vêtue dans leurs villas.

Il prit le temps de défaire son propre voile qui lui servait à la fois de chapeau, laissant paraître une chevelure noire très sombre, courte et bien entretenue.


- Allez vous changer, nous irons au bain et ensuite, nous prendrons un repas ainsi qu'une bouteille préparée à partir de nos raisins.

Si elle écouta la proposition de son hôte, elle commencerait par ce rendre a la chambre d'invité qu'il lui avait désigné, un endroit très propre, a air ouvert. Une porte menant a un balcon, qui lui était au même étage que le jardin. Sur le lit, une fine lingerie digne des coutumes du peuple Khazar. Suivi d'un voile très fin, de couleur bleu qu'elle pourrait enfiler par dessus la lingerie, pour laissé place a la curiosité et l’imagination. Le tout était très léger pour finalement terminer avec une robe de soie, courte et léger, mais moins révélatrice, qu'elle pourrait porter plus aisément lors du repas.
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Sâhid jahân


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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Mar 1 Mai - 5:12
Dans les petites choses, on pouvait en apprendre beaucoup. De par cette invitation gracieuse, Sâhid se révélait un peu : dans son respect des coutumes, dans des démonstrations de bonté que bien des nobles de Centreterre n’auraient point daigné faire, et surtout dans les ressources qui étaient à sa disposition.

De la manière dont il traita la future mère, qui avait vu ses possibles prières exaucées en donnant jour à Samarach (ou du moins sitôt qu’elle y avait posé pied), je le complimentai pour sa grâce et l’en remerciai.

En marchant vers les meilleures terres du domaine, je contemplai les environs. Les fleurs qui poussaient étaient bien différentes des forêts denses bordant la montagne de la Fournaise, bien que je me rappelai en avoir vu certaines similaires à Salrivage. Mais, c’était il y avait un bon moment, cinq ans maintenant, que je n’avais pas visité cette seigneurie. La cour de cette homme, un noble local possiblement, était presque aussi luxueuse que celle de l’arrière-pays Khazar. J’évoquai le charme de ses terres, le parfum des orangers qui fleurissaient dans les parages flottant jusqu’à nous. C’était des banalités, des propos convenus et coutumiers, je le savais, mais en ce cas-ci ils étaient sincères. Le gout de l’aventure, de l’exotisme m’avaient guidé jusque-là, et je découvrais avec plaisir les attraits de ces terres exotiques.

La villa était sobre mais élégante. L’exotisme du lieu supplantait toute l’ostentation qui pouvait lui manquer. Je détaillai le lieu, relevant les détails d’une fresque qui le décorait. Je me permis une question, ne serait-ce que pour le sonder : il s’agissait d’une fresque en laque, adornée de certaines représentations végétales incorporant des filins de métaux précieux pour les tiges, et de nacre ciselé pour les pétales. L’œuvre était jolie certes, et certainement avait sa valeur. Seulement, j’étais curieuse de savoir ce que mon hôte pourrait m’en dire : outre sa valeur marchande, cette pièce était garante d’une technique traditionnelle khazar : les Conquérants préféraient les huiles sur toile ou, à la rigueur, les aquarelles, ainsi que les occupants de l’Ouest ou la culture de Centreterre rayonnait. Quant aux barbares, eux, ils peignaient sans doute simplement encore à la suie sur les murs des cavernes, ou du moins c’était ce qu’on en disait. Je m’arrêtai devant, et sous prétexte d’en apprécier la beauté, je m’enquis.

-Sâhid-agha, cher hôte, votre demeure est ravissante. Outre les jardins, je dois avouer que leur écho en cette représentation me fait plaisir à voir. C’est une pièce fascinante, et je brûle de savoir d’où elle vient.

Sa réponse me guiderait certainement, pour cerner son caractère avec plus d’exactitude : était-ce là un hédoniste, ou un matérialiste? Un connaisseur, ou un homme avide d’étaler sa richesse. Les subtilités apprises par Aïda la peintre, il n’y avait pas si longtemps, pourraient m’être utiles pour trier le bon grain de l’ivraie.

Puis, lorsqu’il m’invita à la chambre qu’il me réservait, je croquai un sourire, réprimant un brin d’amusement. La tenue était évidemment minimaliste, ainsi que les femmes khazars avaient coutume de l’arborer. Je m’étais toujours demandé si c’était car des hommes avaient dicté la mode comme le faisait mon hôte, ou si c’était car la séduction était culturellement une arme pour les femmes khazares que cette mode avait pris racine. Mais, c’était certainement se demander ce qui serait venu le premier, de l’œuf ou de la poule. Je m’avançai vers la chambre, et m’inclinai en lui adressant un sourire.

Cher hôte, il me fera plaisir de discuter plus amplement, tant de mes voyages que de mes projets une fois changée. Le voyage a ses bienfaits, mais nul ne peut garder la tenue qui y sied éternellement. Je vous sais gré d’avoir fait préparer une tenue à cet effet, c’était extrêmement prévenant. D’ailleurs, j’apprécie vos compliments, et j’espère que les quelques idées que j’ai piqueront votre curiosité autant, sinon plus que ma personne.

Et je me retirai derrière le paravent, pour me préparer : ce qui impliquait de retirer ma tenue de voyage, me débarbouiller un peu d’abord, revoir mon maquillage, ma coiffure et mes bijoux, remettre un peu de parfum et de pommade de karité pour rendre mon teint plus égal, le tout avant d’enfiler la tenue qu’il avait fournie…. Être femme n’était pas mince affaire en soi, et c’était particulièrement vrai chez les khazars ou l’apparence jouait un rôle clef. Mais ces préparatifs avaient aussi la vocation de faire languir un peu : l’anticipation, comme le mystère, faisaient partie de l’arsenal bien connu des khazares, armées en tout point pour séduire.

Quant aux projets que j'avais... J'avais cru comprendre de la part des concubines d'Ajuntaal que les hommes étaient plus susceptibles d'acquiesser à de grandes folies et à bien des concessions, lorsque le feu du désir leur brûlait les entrailles.
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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Mar 1 Mai - 11:56
Son accueil qui maintenant semblait rendre à l'homme un certains charmes, dès leurs rencontres il avait fait preuve au départ d'agressivité et d'impulsion pour finalement passer vers un homme attentif et calme, pour terminer en un hôte dévoué. Dans quel partie de l'histoire aurait t'il eu le temps de faire préparer ce bout de tissus révélateur ?

Il offrit un sourire a son invitée lorsqu'elle lui demanda d'ou vien cette pièce d'art. Pour finalement lui répondre en tout honnêteté..

- Vous savez, mon grand père, Damius, eut autrefois la sante pour chevaucher plusieurs destrier mais il avait aussi la  fierté et l'importance  pour ce permettre plus d'une femme. Curieusement, les femmes qui lui était mystérieuse attirait son attention. Une fois lors d'un de ces voyages d'affaire au fief de Samar, il rencontra dans Une auberge luxueuse cette artiste. Une femme réservé et discrète, Comme je vous disais plus tôt, mystérieuse.

Il s'interrompa pour répondre à une des servantes, qui attendait un peu en retrait pour ne pas deranger la discussion.

- Donc pardonnez moi, Je disais, cette femme devenu donc l'une des conquêtes de mon grand père , contrairement à plusieurs d'entre elle,  celle ci m'avait marqué. Ca façon de ce déplacer, les attention qu'elle me portait malgré mon très jeune âge. Contrairement aux autres, elle s'occupait de mon grand père tel une femme et non d'une simple catin. Vous deviendrez donc que cet art est un souvenir de la mère de mon père.


Il hésita un moment avant de rajouter.

-  Quoi qu'il en soit je ne connais pas ca valeur, mais de ce qu'on raconte c'était la dernière pièce qu'elle aurait fabriqué.  Si vous remarquer, elle est signé Armenia, tel était son nom de jeune fille...


C'est ainsi que l'hôte termina son histoire concernant l'objet accrocher au mur. Il ce dirigera le bain de la villa en ce dénudant, gardant qu'un léger tissus lui servant de sous vêtements, laissant donc a son invitée la chance de lui poser d'autres questions ou d'aller à son tour ce vêtir pour l'occasion.

- Prenez votre temps si l'envie de vous assoupie vous prend, Je ne vous en voudrai pas...



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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Mer 2 Mai - 3:16
Devant l’œuvre j’écoutai son explication, en hochant légèrement, un léger sourire accroché aux lèvres. L'homme, en ses visages successifs qui m'étaient apparus, avait piqué ma curiosité. Je pris la peine d'expliquer mon intérêt.

Votre grand-mère était indiscutablement très talentueuse. Je pensais la technique perdue, et l’œuvre beaucoup plus vieille. Voyez-vous, elle a dû utiliser certains fils d’or et d’autres métaux colorés, pour recréer ces tiges se détachant contre la laque noire. Le procédé est délicat, et impose à l’artiste un talent qui n’égale que sa précision : si les fils étaient fondus, ils endommageraient la laque, si un dessin était fait au préalable, les traits en seraient visibles et la laque ne serait pas si égale. Les fils de métaux comme le nacre doivent être collés quand la laque est encore moite, à même le canevas. Je n’ai encore trouvé personne pour m’enseigner telle méthode.


C’était vrai : même Aîda, l’artiste de la forteresse d’Ajuntaal à la Fournaise, était incapable d’accomplir pareille prouesse, bien qu’elle m’en eut parlé alors qu’elle m’exposait aux bases de la perspective et de l’aquarelle.

-Quant à sa valeur… vous en avez une bonne idée, de par la place l’œuvre a en votre cœur. Nul besoin de lui attacher un chiffre en écus pour la déterminer.


La pièce, au niveau pécunier, était sans doute inestimable pour qui avait l’œil. Cela étant dit, très peu l’avaient. Je lui adressai un sourire avant de me retirer derrière le paravant pour me préparer, et me changer.

Peut-être trouvait-il le temps long, et m’imaginait-il sur le point de dormir lorsqu’il hasarda son offre. Je me pressai un peu, arrangeant plus vite quelque boucle de cheveux, et trouvant mes repères dans la tenue plus brève que celles auxquelles j’étais habituée (en assurant surtout la décence). Puis, je pus affirmer :


-Non, au contraire, je vous accompagne. Navrée de vous avoir fait attendre.

J’espérais être présentable, dans cette tenue qui cachait l’essentiel, ce maillot destiné aux bains. Sans doute me verrait-il comme un peu plus pâle que la majorité des khazares, au moins le faible hâle du beurre de karité faisait-il peut-être un brin illusion en prêtant un petit hâle à la peau que le soleil n’avait pas coutume de voir. Je porterais un châle léger, qui pour sa transparence n’avait office que d’accessoire. Je l’avais pris non pas pour lui faire illusion, sachant le peu qu’il couvrait, mais plutôt, en drapant mes épaules pour les quelques pas qui nous sépareraient de l’autre salle, me faire un peu illusion à moi-même quant à l’idée d’être vêtue. Je m’en débarassai avant de me glisser dans l’eau, après lui. Il pourrait poser une question, ou plus, sur ma pâleur, au risque de devenir grossier. Je préférai l’anticiper.


-Je sais que vous avez sans doute, sur moi, bien des questions. Je viens de la Fournaise…

C’était vrai, en un sens, pour y avoir vécu cinq ans en l’un de ses points d’attache moins connu.

-…et suis d’une famille honorable, dont je tairai à cette heure le nom. Ces derniers ignorent pour l’instant mes projets à Samarach, et incertaine de leurs succès, je préfère ne point entacher ce nom en le prononçant avant d’en avoir l’assurance…


Ça aussi, c’était on ne peut plus vrai.

-…à ma façon, je suis une artiste ainsi que l’était votre grand-mère. Et mes projets vont en ce sens. Pour vous expliquer… Je peins, certes, comme elle, mais je suis plus habile de mes mots. Le verbe est mon pinceau, voyez-vous. J’aime à écrire, conter, et chanter. Compiler, à ma façon, les histoires pour garder la mémoire vivace, ou du moins ces mémoires qui ont intérêt à rester vives…

Encore une fois, ce n’était pas inexact. L’omission était parfois meilleur outil que le mensonge pour véhiculer une idée. Je m’approchai un peu de lui, dans l’eau du bain qu’il avait fait préparer. Si jusqu’alors j’avais manifesté une certaine réserve que la décence rendait de mise, préférant attarder mon regard d’un noir profond dans le sien plutôt que sur le spectacle qu’il offrait (ou du moins, tant que lui-même soutenait ce regard), et n’exhibant guère plus que ce que la tenue offrait d’emblée (ce qui était déjà beaucoup), cette fois je vins m’installer à son côté pour traiter du sujet suivant avec plus de discrétion, en un souffle. Dans ce murmure, il sentirait un peu plus mon parfum (j’avais opté pour la rose), quelques mèches de ma chevelure longue l’effleurer, mon souffle contre sa joue au gré de mes paroles discrètes soufflées. Guère plus. D’autres femmes, vu son statut d’homme détenant quelque pouvoir, n’auraient pas eu mes scrupules. Pourtant, l’instinct et ses paroles précédentes me disaient que ma réserve m’offrirait à ses yeux plus de valeur.

- …C’est d’ailleurs ce qui m’amène. Comme l’œuvre de votre grand-mère en est témoin, certaines techniques et coutumes se perdent. J’aimerais pouvoir faire voir le jour à un établissement ou pourrait se condenser la culture, le savoir, l’esprit créatif khazar. Car si l’intégration à la somme d’un tout plus… englobant date de quelques décennies… nous pourrions croire qu’il précède cette période… les influences parfois s’étiolent et se délient… les techniques se perdent… certaines coutumes aussi. Or, je pense que Samarach ne devrait pas être baignée d'un astre lointain considéré plus lumineux, mais au contraire qu'elle est faite pour rayonner. J’aimerais pouvoir ériger bastion pour en préserver certains éléments. Bien sûr… il me faudra évidemment concrétiser cette idée, et il va de soi que je ne le pourrais pas seule…


Je mesurai délibérément mes paroles, guettant comme aux alentours pour voir si l’un ou l’autre des serviteurs ne nous épierait pas. Le sujet était politique, et prendre apparence de prudence en en dissertant semblait adéquat. Je laissai ensuite planer le silence, en attente de sa réponse.
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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Mer 2 Mai - 13:30
Ça descente dans l'eau du bain, qui elle était tiède, fut lente et soulageante. Après une journée aussi intense au travers le désert, rien de mieux qu'un petit rafraîchissement pour ce détendre et apprécier le confort d'une vie d'aisance.

Pour ce qui était de son invitée, le fait qu'elle s'implique davantage a le connaître et effectuer ces désirs, rendait l'homme devant elle plus accessible et elle le savait.
Ils pouvaient ensemble profiter de la qualité et la tranquillité des lieux, pour s'étudier  et de jauger a qui les deux avaient affaire.

C'est sans aucun doute que son hôte eu un certains manque de classe en étudiant la femme descendre dans l'eau du bain. Son sang etait peut etre de descendance noble, mais ces instincts poussa son regard a ce poser sur la silhouette féminine. Toutefois, une fois dans le bain, il concentre son regard contre celui de la femme en l'écoutant.


- Qui êtes vous réellement, cessez de contourner la vérité, vous n'êtes pas ici seulement pour en apprendre les arts et les préservées,  je me trompe? J'ai un grand respect pour ce que vous comptez faire, mais il faudra d'avantage que je vous connaisse pour pouvoir continuer d'avancer dans vos projets. J'ai accepté de vous escorter vous et vos amis, pour une  raison. Je désirais en apprendre d'avantage sur votre venue sur le territoire.



Une servante s'approchant avec deux petites coupes en argent poli, déposa la bouteille que la famille lui avait offert. Il rempli doucement les deux récipients, venant a son tour réduire la proximité entre les deux, puis lui offrant sa coupe.  Il vien lui parler cette fois ci plus doucement en murmurant..

-  Pour revenir à votre projet, Comme je disais cest quelque chose qui pourrait m'intéresser, sachez que tout ce qui est Khazar me tien a coeur. Je ferai donc en mon possible de le proteger si cela en vaux la peine. J'ai toujours dit que je sacrifierai ma vie pour quelques choses qui en vaux la peine mais je n'irai pas aveuglément sur quelques choses d'incertains et encore moins d'inconnu.


Il prit une une gorgé se son breuvage, ce reculant alors le dos sur l'une des parrois du bain.

- Qu'avez vous été faire a la fournaise, si cela n'est pas trop indiscrèt?

Il soutenait son regard tentant de percer les secrets qu'elle pouvait dissimuler, malgré tout ces questions, l'homme semblait bien profiter du moment, de détente et de discussion.
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Sâhid jahân


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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Mer 2 Mai - 17:08
Dans le bain tiède je relaxais moi-même profitant de ses yeux fraîches après le voyage. C’était avec ses questions que l’homme tentait de faire monter la température.

Alors qu’il posa sa première question, elle se para d’un petit sourire amusé.


-Eh bien je suis femme, mais vous n’avez sans doute pas manqué de le remarquer…

Sans doute faisait-je allusion avec un brin d’humour à la manière dont il m’avait déshabillée du regard (bien qu’il ne restait plus grand-chose à ôter). Je m’interrompis pour prendre la coupe présentée, inclinant la tête pendant qu’il la remplissait. J’étais restée près de lui, et poursuivis en un murmure, cette fois épaule contre épaule, mon front effleurant presque sa tempe. Cette promiscuité sans doute ne choquerait pas les servants, habitués à celle-ci sans doute pour autre chose que de pareilles messes basses.

-Femme bien née, mais aussi femme de parole comme vous en avez eu vous-même à quelques reprises la preuve… Je ne trahirai pas ce que j’ai dit concernant la mention de mon nom, tributaire au succès de mes projets. Et j’ai été absolument sincère avec vous quant à mon idée, mais la culture a beaucoup plus de poids que vous ne le pensez. Elle dessine les identités et les aspirations. Elle offre des portes d’entrées sur bien des cours, et avec elle, viennent les idées apportées, ou au contraire les informations acquises. Elle permet aussi de revendiquer certaines traditions séculaires que Valcoeur n’approuverait pas, mais qui durant des siècles ont défini ces landes, bien que nous devions sans doute jouer sur la sémantique dans certains cas… Si je vous parle de ces idéaux si candidement, c’est que j’ai l’impression qu’ils vous tiennent à cœur aussi. Je ne veux point sacrifier votre vie, tout au contraire, néanmoins toute aide serait bienvenue. Mon histoire commence comme bien des histoires : il me faut d’abord trouver un lieu fondateur. Je pensais visiter des comptoirs demain pour contracter un prêt. Prêt qui me permettrait de trouver un bâtiment à occuper, et à fournir de choses adéquates : des instruments, des livres d’archive copiés des bibliothèques, et des vierges, des toiles, ce genre de chose... Suivra l’étape de mobiliser et d’inviter, bardes, peintres, et autres talents, en les repêchant dans les territoires khazars. Ensuite, avec quelques artistes rattachés, il sera possible de rayonner par la suite, tant à la cour du Prince qu’ailleurs. Mais la culture a diverses ramifications, et niveaux de raffinement, que je veux pouvoir rassembler à ma façon : non point les mêmes apprécieraient l’œuvre de votre grand-mère qu’une chanson à boire, mh? Et vient ensuite une étape qui aborde le facteur de profitabilité : l’organisation d’événements propre au divertissement, de natures variées, mais impliquant souvent le hasard et trouvant leurs racines dans la tradition, du Nas aux courses de chevaux, en passant par les combats de bêtes variées, fussent-elles humaines. À terme, l’endroit deviendra économiquement viable, même profitable, me permettant de le rembourser. Mais mon point de départ demeure l’or, l’acquisition d’un établissement, de personnel et de fourniture. En cela peut-être, vous pourriez m’aider. Voici ce que je vous propose, Sahid-agha : laissez-moi un mois et quelques ressources, vous aurez l’occasion de contempler le sérieux de mon initiative sur laquelle, comme investisseur, vous aurez votre mot à dire.

Je marquais des pauses choisies en ce qu’elle lui soufflait, mais comme je l’avais fait auparavant elle l’enveloppait de cette explication extensive, qui, je l’espérais, le satisferait. Lorsqu’il s’éloignerait pour tremper ses lèvres, j’en ferais autant, presque à bout de souffle d’avoir tant parlé. Lorsqu’il posa une nouvelle question, je lui répondis.

-Mais, vous vous en doutez, j’apprenais à la cour d’un noble local. D’une peintre, plus précisément, bien que je doive avouer n’avoir encore son talent, loin de là. Peut-être n’avais-je pas trouvé encore le bon canevas?

Avec un petit sourire croqué, je le détaillai davantage en son ensemble, détendu qu’il était mais bouillonnant sans doute sous la surface pour une raison ou l’autre. Son petit manège me ressourçait plus encore, que le vin nouveau ou le bain rafraichissant : il y avait si longtemps, depuis l’Augure peut-être, ou Beaurivage avant, que je ne m’étais plus livrée à ce genre de ballet.

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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Mer 2 Mai - 21:56
Dans cette discussion tranchante, qui déterminerais la relation entres ces deux pour l'instant encore inconnu. Maintenant détendu, après avoir terminer ca coupe de vin aux savoureuses arômes, il ce déplaça une nouvelle fois dans l'eau, plongeant une fois ca tête pour ce rafraîchir. Il ce disposa face a elle, a genoux dans le fond de la petite piscine intérieur, ainsi il pourrait soutenir de nouveau le regard de son opposante. Leurs proximités restait étroite, évitant qu'un serviteur ou une oreille discrète puisse entendre leur discussion.

L'homme face a elle, avait la peau plutôt foncé pour les teintes d'un Khazar, elle ce douterait sans doute que son héritage ne venait pas d'un autre peuple. Il replaça ca chevelure imbibé d'eau, son visage était couvert d'une petite barbe tout aussi foncé que ces cheveux. Malgré ces cheveux longs sur le dessus, ca barbe était très bien coupé et détaillé.

Il la fixa une nouvelle fois, venant lui replacé une mèche délicatement.

- A l'aube, nous irons ensemble, je te présenterai a un homme de confiance, nous verrons pour le prêt d'or en question. Avec mon aide, vous devriez arrivez a mener votre projet a terme, les ressources ne manque pas par ici.


Dit t'il plutôt confiant et affirmatif, loin d'être une proposition, il ce tenait a ca hauteur, pour qu'elle comprenne son implication.

- Votre projet m'intéresse, sans vouloir allez a l'encontre de Valcoeur, je trouve aussi que Valcoeur privent de beaucoup de privilèges et habitudes que nous avions, ainsi qu'a ces habitants multi-ethnique, leurs esprits est plutôt refermer. Je supporterai a ma façon votre projet et si ca ce développe a mon gout, nous pourrons pousser en votre faveur, moi et les miens.



Il s'approcha d'elle un peu plus, s'étirant vers la bouteille, puis ca coupe, pour la remplir de nouveau, ainsi que celle de son invitée.
A son tour elle aurait le droit, a l'odeur de l'homme, un mélange de thé et de cannelle, sans toutefois brûler les narines, une odeur très discrète.


- Demain dans la journée, j'aurais sans doute a rencontré un sub-alterne du prince, pour notre cargaison que nous avons rapporté et peut être voir les termes avec eux. Peut être demanderont t'ils une part de l'entente. Pendant ce temps libre, vous pourriez allez voir a l'ouest de la province, il y a un artisan, il pourrait peut être vous référe a un artisan traditionnel local...


Dit t'il comme s'il savait déjà de qui s'agissait t'il... Il ce retourna, ce laissant glisser dans l'eau, maintenant dos a elle, elle pu remarquer une cicatrice dans son dos, au niveau de l’omoplate. Ainsi qu'une autre près des reins, puis il retourna sur ca proie, s'arrêtant de nouveau devant elle. Il ne pourrait nier qu'il adorait être dans ce bain après une chaude journée.

- Vous savez je déteste une chose plus que tout au monde, c'est qu'on me trahisse. Vous pardonnerez mon hésitation face a votre projet dès le départ, je devais m'informer, je ne peux pas faire confiance a l'aveugle. Le tout est très intéressant et réalisable, maintenant que vous me l'avez expliquer.

Il s'approcha cette fois un peu plus, pour lui murmurer près de l'oreille...

- Quelques choses m'échappe toutefois, si vous n’êtes pas originaire de la province de Samarach, a quoi bon vouloir installer cet organisation ici ? Qu'y a t'il de si différent pour vous entre la capitale et la fournaise ou Salrivage?






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Sâhid jahân


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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Jeu 3 Mai - 3:48
Dans ce débat que nous tenions, cet échange si particulier, dans un bain rien que ça, je tirais un plaisir certain : tant par l’incongruité du lieu où il se tenait, que par la promiscuité qui nous unissait, laissant croire que nous nous compromettions autrement. Mes plans à Samarach étaient en mouvance, se façonnant selon les opportunités. Et si je connaissais encore très peu l’homme qui me faisait face, si près qu’à son tour je pouvais flairer les subtilités de son odeur, je savais que mes projets à Samarach s’articuleraient autour de lui, ne serait-ce qu’un temps. Il trompait mon ennui comme rares avant lui.

Alors qu’il se plongeait, je le détaillai. Il était beau, à sa manière, en son exotisme, sa peau qui rappelait presque l’ébène, d’une couleur que je ne pourrais pas imiter par l’artifice sans tomber dans le grotesque. Je voulus replacer une mèche détrempée, collée contre son front après sa plongée, ne serait-ce que pour contempler le contraste vivace que ma main aurait contre sa complexion, mais il me devança. Non seulement avait-il dégagé son front d’un geste, mais était-il venu replacer une mèche de ma coiffure que j’avais mis, semblait-il, une éternité à réarranger. Alors qu’il effectuait son geste, je croquai un sourire amusé qu’il aurait pu prendre pour de l’attendrissement, mais en vérité je me demandais s’il n’avait pas à cet instant lu un brin en mon esprit, rajoutant à mon intérêt piqué. J’avais été déjouée. Non pas par la palabre, mais juste par ce mouvement subtil d’un charmeur par nature comme par culture : le geste que j’anticipais faire sur l’aqueux échiquier que nous partagions était devancé.


-Je suis ravie, et honorée que vous le proposiez. Votre compagnie est la plus agréable que je n’aie eu depuis longtemps et je serais ravie de mener ce projet à bien à vos côtés.

Je crois bien que c’était vrai. Mais l’ennui galopait, ma hantise, mon Némésis, et étouffait bien des choses. Pour me raccrocher, il ne me restait que le présent. J’humectai un instant mes lèvres, comme pour mesurer mes paroles, avant d’enchaîner suivant ses propos concernant Valcoeur, toujours en un murmure.

-Eh bien… Ce que Valcoeur ne sait pas ne lui fait pas de tort, n’est-ce pas. Vous savez d’où vient, en langue commune, le terme amalgame, pourtant bien intégré au vocabulaire des conquérants et autres peuplades? D'un dialecte khazar, à la vérité : amal al-djama. C’est la preuve que Samarach et ses consorts ont irradié, un temps, et cela peut encore être. La Princesse Amystrine le savait bien, relate-t-on.

C’était-là plus qu’une double-entente, voire triple, mais qu’en comprendrait-il. Nez à nez avec lui, ou presque, alors qu’il remplissait ma coupe argentée vidée depuis peu, je le sondais. J’étais grisée, et ce n’avait rien à voir pourtant avec l’alcool qu’il m’offrait. D’autres femmes se seraient émues simplement de son corps, je préférais notre échange.


-Mais oui, parlant de tradition il me fera plaisir de rencontrer quiconque vous connaissez, pour leur évoquer cette idée. Le plus tôt je pourrai louer ou acheter des locaux, le plus tôt j’aurai la conscience tranquille, et pourrai présenter du concret aux intéressés. Par ailleurs, il est au Prince de disposer de sa terre ainsi qu’il l’entend. Ni moi, pour mon initiative, pas plus qu’Ibn Rashid ne le fit, ne pourrions nous opposer à ce qu’il tire profit de ce qui s’y déroule.


J’évitai le mon, en parlant de l’idée. Mais il était trop tôt pour dire « notre ». Le temps viendrait bien assez tôt. Sâhid facilitait ma tâche, et je ne l’en appréciai que davantage. Il récolterait certainement les fruits de mon initiative, puisque je n’hésiterais pas à lui en offrir le crédit, mais d’autres aussi. Des tensions et conflits, souvent mus par les questions identitaires et les grands projets, venaient les profits pour ceux ambitieux et habiles en suffisance pour les récolter. Sâhid était intéressant car semblable à de nombreux individus que j’avais côtoyé, qui m’avaient tour à tour façonné : mon père, ma sœur, mon mari, la capitaine d’Arvennes et certains de ses arrivistes sbires, les Chevaliers et frères ennemis Usseyn et Ajuntaal… C’était un ambitieux, et c’était là tout l’intérêt.

Je le détaillai, quand il se retourna, pour repérer ses deux blessures au dos. Une amante jalouse? Un allié qui, en accolade, l’aurait poignardé? Ou bien une blessure acquise au combat? Sa réplique me donna une idée de réponse, en laissant planer un mystère que je voudrais tôt ou tard percer. Il vint murmurer, en douceur, à mon oreille. Je posai une main contre son épaule alors, un geste doux destiné à le rasséréner, à sa place dans sa sobriété, mais permettant de voir de mes yeux le contraste que j’espérais, avant de murmurer à mon tour.


-Je vous ai dit la vérité, Sâhid-agha. Rien n’était mensonge, ayant franchi mes lèvres.

C’était techniquement vrai, dans les circonstances. L’omission n’était pas le mensonge, après tout.


-Mais, la question que vous pourriez poser : pourquoi ailleurs que Samarach? C’est après tout la Capitale, et telle organisation ne pourrait rayonner, et n’être rassembleuse, vraiment que sise là.
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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Jeu 3 Mai - 5:06
Elle avait son charme, plus qu'il n'en fallait pour attirer cet homme, autres que par la parole. Il avait rencontré plus d'une femme séduisante dans ca vie, mais aussi intelligente et capable de maintenir une discussion sans tomber dans le coté séducteur pour finalement ce réveiller a l'aube et ne pas ce souvenir de qui est celle qui partage son lit. Pour Sâhid, c'était une histoire vécu plus d'une fois, c'était sans doute l'une des raisons pourquoi il n'irait pas s'encombrer de catin ou d'amante. Il n'allait que s'encombrer de problème. Là était la difference entre elle et ces nombreuses femmes. Elle ne cherche pas a profiter d'une richesse ou d'un luxe, mais bien de comprendre l'homme face a elle, dans tous ces aspects.


Ils étaient tout deux dans l'eau depuis un bon deux heures, leurs liqueurs commencerait sans doute a faire effet, le laissant alors plus souple et décontracter. Il était loin d'être l'homme ferme et droit qu'elle eut affaire lors de leur première rencontre.
Sâhid adorait ce servir d'une lame, mais au grand jamais il ne refuserait une discussion aussi intéressant et riche en information que celle ci et encore moins accompagné d'une femme aussi intéressante.

- La confiance ce mérite, très chère, je ne pense pas être le premier a vous le dire, dans certaines régions elle s'achète et ce revend, mais par ici, les hommes et femmes de confiance ce font plus rare. Vous continuerai sans doute de m'impressionner jour en jour. J'aimerais bien vous croire sur parole, mais que penseriez vous de moi, si je serais aussi facile d'approche?


Il termina a nouveau cette coupe, puis pris une gorgée a la bouteille directement. Il l'offrit a ca voisine, pour qu'elle la termine au goulot, il resterait environs la moitié d'un verre. Il passa ca main le long du bras de la femme, tout en sortant du bain. Un peignoir était accrocher tout près du bain, ainsi qu'un des tissus léger, pouvant couvrir un peu mieux le corp de la jeune femme, puis deux tissus leurs servant de serviette pour ce sécher.

- Maintenant que la nuit est complètement tombé, la chaleur risque de descendre et vous aurez peut être froid. Si c'est le cas, venez cogner, je vous ferrai parvenir quelques couvertures, plus chaudes.



Il ce sécha rapidement, avant d'enfiler son peignoir, ce laissant pour nu sous celui ci, il était évident que de prendre des bains aux petites heures de la nuit, accompagné de femme, était chose commune.

Il resta tout près des crochets, avec la serviette de la femme en main, prêt a la recevoir, pour l'envelopper.

- Vous aurez un repas a votre chambre dans environs 20 minutes, profitez en pour bien manger la journée de demain risque d'être un peu complexe...





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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances Jeu 3 Mai - 5:49
Le temps passait, les eaux du bain m’avaient détendue, ainsi que les deux boissons. Il semblait, lui aussi, délassé et relaxé, montrant un tout autre visage que celui, austère, présenté lors de notre rencontre. Tout le monde était pluriel, décliné en de nombreuses facettes, mais à mon contraire, tout le monde ne l’assumait pas nécessairement.

-Sâhid-jan, notre rencontre était peut-être le fruit d’une conjoncture, une succession de hasards, mais je me pressens fortunée de l’avoir faite. Quant à la confiance, elle se gagne il est vrai et se cultive. Chaque jour qui passera, nous nous découvrirons un peu plus.

J’avais laissé tomber l’emploi, formel, du « agha » pour le plus familier, affectueux, « jan ». Certainement, le remarquerait-il, si l’alcool ne l’avait pas trop détendu. Je m’amusai, à le voir boire au goulot, puis, après un instant d’hésitation de mise, je pris moi-même une gorgée à la bouteille lorsqu’il me la transmit, après l’avoir levée en hommage à mon hôte.

Je m’aidai de sa main qu’il avait promené contre mon bras pour m’extirper du bain, forçant un brin sa galanterie en ce contexte, l’amusement lisible sur mes traits. Je me gardai de trop lorgner vers ce qu’il présentait sans grande gêne, un coup d'oeil sans plus : j’aurais manqué trop de grâce s’il m’avait surprise à le fixer, j'aurais sans doute eu l'air trop prude à ne pas regarder ne serait-ce qu'un instant. J'espérais donc atteindre ce juste équilibre, pour lequei il n'y a malheureusement pas de science. La question que je me posais c’était si, à l’égal des femmes khazares, les hommes eux aussi tentaient de jouer de leurs charmes de telle façon. Ou si c’était un piège, pour repérer les convoitises trop évidentes. Je n’ai jamais réellement eu réponse à cette question. Je m’enveloppai de la serviette qu’il me présentait en m’en enlaçant, afin de me sécher.

-C’est vrai que la nuit se rafraîchit davantage et j’apprécie que vous fassiez porter le repas… Néanmoins, je serais piètre invitée de vous incommoder en ma première nuit sous votre toit, surtout que demain promet effectivement d’être bien chargé et qu'il serait disgracieux de vous priver de votre repos bien mérité. Voici ce que je vous propose, Sâhid-jan. Demain, à la première heure, venez donc me quérir, nous pourrons passer du temps ensemble avant de partir?


Je n’entendais rien céder ce soir. Chose curieuse peut-être : ce déni, cette réserve, l’avaient sans doute plus charmé, et m’avaient rendu plus mémorable que celles qui simplement s'offraient. Puis, à trop se presser, je le savais, lui comme moi risquerions de nous lasser.
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MessageSujet: Re: Sâhid Jahân - Correspondances
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